Les Boules se plient en 4 pour être "Olympique"

Le comité organisateur des JO de Paris-2024 va proposer de nouvelles disciplines au CIO. La pétanque et les sports de boules (raffa, boules lyonnaises) rêvent d'en être. Et ils mettent les moyens...

Serrer des paluches et porter des toasts. Et si c’était tout simplement ça, le quotidien d’un lobbyiste ? Claude Azéma, patron de la mal nommée mais de plus en plus influente Confédération Mondiale des Sports de Boules (CMSB), a passé ses vacances d’hiver à Pyeongchang en Corée du Sud, pendant les JO. Pas pour parler curling, mais pétanque, boule lyonnaise et raffa volo.
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« Il faut que les membres du CIO nous voient, qu’ils sachent qui on est. Mais sans les harceler, les tarabuster », précise cet ancien fonctionnaire de l’Assemblée nationale, qui connaît aussi bien les rouages des instances du sport que les nuances de la langue française. « Aux Jeux, j’étais partout : au bar, au restaurant, pour que ceux qui me connaissent me présentent ceux que je ne connais pas encore. »

Pour vérifier tout ça, on a passé un coup de fil à son « rival » Jacques Fontaine, patron de la Fédération internationale de squash, qui rêve aussi de grimper sur l’Olympe : « Claude fait une bonne campagne, mais nous aussi… »
La pommade et les gros sous
Cet intense lobbying ? « C’est possib' que ça les aide », lâche, depuis sa Bretagne, un autre concurrent : Serge Falézan, qui se bat pour que le tir à la corde soit olympique. Et qui suit de loin les grandes manoeuvres. « On est peut-être moins connus, notre sport ne passe pas à la télé, mais on présente un dossier sérieux. Bien sur que tout le monde passe de la pommade dans le dos d’Estanguet, en ce moment. Mais je saurai lui dire qu’à Lannion on a un magnifique stade d’eau vive ! » Estanguet, un interlocuteur de choix : il proposera au CIO les futurs sports des JO.

Les stades d’eau vive et la pommade, c’est bien. Les gros sous, ça peut servir aussi. C’est la difficulté, en ce moment, de nos pétanqueurs-lobbyistes. « Depuis qu’on a officialisé notre candidature en 2015, on a dépensé un peu plus de 130.000 euros, assure Claude Azéma. Le base-ball, pour aller à Tokyo, ils ont mis 500.000 dollars pendant la dernière année. » La CMSB va donc « monter en puissance » cette année, quitte à faire un emprunt.
Une agence de com' pour rendre « glamour » la pétanque
Les premiers arguments (mixité, universalité) ont été déroulés. Il faut maintenant changer l’image du sport. « Ajouter un peu de glamour, ou en tout cas les codes d’un sport moderne », sourit Marc Guérin, patron de l’agence LunaCom, notamment à l’origine d’un joli clip qui répond à tous les codes du moment, réalisé avec le soutien d’Adidas. Pas vraiment un sponsor officiel, mais disons que les dirigeants de la fédé italienne sont assez proches de la marque aux trois bandes.
Pour le glamour, nos lobbyistes avec de la couleur » et d’épreuves plus courtes, plus dynamiques. Terminées, les parties aux points : si les sports de boules sont olympiques, ce sera au temps que ça se jouera. Les diffuseurs télé apprécieront cette petite révolution.

Le CIO aussi. C’est lui qui dispose, mais c’est le comité organisateur qui propose. Pas d’urgence : la décision sera prise en 2020, normalement. Claude Azéma a encore un peu de temps pour marteler que ses sports sont universels (165 pays représentés), mixtes (au moins les deux tiers des épreuves) et propres. Ah oui, et accessoirement : « C’est des médailles assurées pour la France, en tout cas en pétanque et en Lyonnaise. »

par 20minutes.fr